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> Les données / Les usages et les pratiques
Usages et pratiques

On compte environ 520 matières actives homologuées entrant dans la composition de près de 3000 spécialités commerciales utilisées en agriculture.

 

Pour les jardiniers amateurs, environ 115 matières actives sont fréquemment utilisées pour la composition de 500 produits " autorisés en jardins amateurs ".

 

Il existe vraisemblablement plusieurs milliers de produits biocides compte-tenu de la grande variétés d'usages qu'ils recouvrent, un recensement est actuellement en cours. Un même composé peut à la fois être utilisé comme biocide ou comme produit phytosanitaire. Ainsi, si un produit commercial est utilisé comme insecticide sur le blé, il dépendra de la législation sur les produits phytopharmaceutiques tandis qu'une formulation, reprennant la même substance active, mais utilisée contre les insectes des charpentes dépendra de la directive biocides.  

Les usages agricoles. Un nombre limité de cultures (céréales, maïs, colza et vigne) qui occupent moins de 40% de la Surface Agricole Utile (SAU) consomment à elles seules près de 80% des pesticides commercialisés chaque année. La vigne, avec moins de 3% de la SAU, représente20% des usages (il s’agit pour 80% de ces produits de fongicides). La fréquence et les doses appliquées sur ce type de cultures participent fortement à la dose moyenne appliquée annuellement (5,4 kg/ha/an en France), ainsi les pays européens avec des taux d’occupation des sols par la vigne élevés présentent les consommations les plus importantes : Italie, France, Portugal… 

L’expertise scientifique collective INRA-CEMAGREF « Agriculture et Environnement : réduire l’utilisation des pesticides et en limiter les impacts environnementaux »   conduite en 2004-05 pointe un manque d’informations sur l’utilisation des pesticides par les agriculteurs. Les données existantes collectées par les acteurs économiques (coopératives principalement) ne sont pas accessibles. La source la plus complète est constituée par les enquêtes « pratiques culturales » réalisées par le Service Central des Etudes et des Enquêtes Statistiques (SCEES) et publiées par l'AGRESTE : en 1994 (pour 10 cultures avec 9000 parcelles analysées) et en 2001 (12 cultures et 21 000 parcelles). Toutefois le seul dépouillement publié de ces enquêtes concerne les cultures de blé et de maïs, il montreune tendance à la réduction de la dose/hectare de chaque produit mais un accroissement du nombre de traitement entre 1994 et 2001. L’enquête de 2001 souligne de fortes disparités régionales selon les cultures, de 3,4 traitements annuels en Alsace sur le blé à 9 en Picardie. Les rendements obtenus apparaissent fortement corrélés aux nombre de traitements, ils sont d’autant plus élevés que le nombre de traitements est important. La compréhension de cette variabilité passe par une analyse rigoureuse des itinéraires techniques agricoles, elle semble difficile à mettre en œuvre pour l’instant compte-tenu du manque d’informations sur les pratiques.

 

Les groupes régionaux en faveur de la lutte contre les pollutions de l'eau par les pesticides regroupent depuis quelques années de précieuses informations sur les usages locaux de produits phytosanitaires.


Les usages non-agricoles. Il existe peu ou pas d’études françaises ou européennes sur les usages domestiques des pesticides. Les principales données disponibles concernent les pays d’Amérique du Nord. Elles montrent que les pesticides sont présents dans 82 à 90% des ménages, avec en moyenne au moins 3 à 4 produits différents, dont 75% sont des insecticides utilisés à la maison et 22% des produits de jardins. Les usages sont multiples et variés, souvent difficiles à décrire.

Outre l’élimination des insectes volants ou rampants, des rats ou des souris et les usages au jardin, il faut aussi tenir compte des produits antiparasitaires humains et animaux, des produits de traitements des bois et des charpentes… Ces usages domestiques méritent une attention particulière en termes d’impact sur la santé humaine et l’environnement. En effet, l’utilisation domestique de ces produits implique une exposition directe, qui peut être élevée si les conditions d’usages ne sont pas scrupuleusement respectées. De même, la pollution générée par les usages au jardin de ces produits peut être importante car le non-respect des doses préconisées et l’utilisation sur des supports avec un faible pouvoir de rétention (allées, parking…) favorise une dispersion vers le milieu aqueux.