En Guadeloupe et Martinique, les données relatives à la contamination des aliments par le chlordécone proviennent des actions de surveillance et de contrôle exercées par les services de l’Etat, des mesures d’autocontrôles obligatoires à la production, des enquêtes RESO et d’autres études réalisées notamment sur les produits de la pêche.
Actions de surveillance et de contrôle par les services de l’Etat
o Denrées végétales
En ce qui concerne les denrées végétales, on dispose des données de la Direction départementale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DDCCRF), qui contrôle les résidus dans les produits végétaux commercialisés. Ces contrôles ont pour objectif :
de rechercher et de réprimer l’utilisation de produits non homologués ou l’utilisation non conforme de produits homologués,
de vérifier l’absence de résidus à des taux supérieurs aux LMR (limites maximales de résidus)
Ces plans de surveillance et de contrôle sont programmés annuellement par les directions centrales des ministères. Les plans de surveillance sont axés sur les végétaux les plus consommés. Ainsi en Martinique et en Guadeloupe les plans nationaux sont complétés par des plans régionaux plus particulièrement orientés sur l’analyse des légumes racines. Les plans de contrôles sont quand à eux ciblés sur des catégories de végétaux pour lesquels des non conformités ont préalablement été constatées (limites maximales de résidus dépassées, produits de traitement non autorisés). Les prélèvements sont réalisés au stade de la distribution et concernent aussi bien les végétaux issus de la production locale que ceux issus de l’importation.
Les plans de surveillance et de contrôle de la DDCCRF sont complétés par les plans de surveillance annuels du Service de Protection des végétaux (SPV). Les prélèvements sont réalisés directement sur les récoltes et non au moment de la distribution. Les contrôles réalisés par le SPV ont pour but de vérifier si les LMR sont bien respectées.
Les premières valeurs limites provisoires du chlordécone dans les produits végétaux ont été définies par l’arrêté du 10 octobre 2005
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Carottes, concombres, dachines (madères), ignames, melons, patates douces, tomates : 50 µg/kg ;
Autres denrées alimentaires d’origine végétale : 200 µg/kg.
La teneur est déterminée par rapport au poids de produit à l’état frais.
o Denrées animales et d’origine animale
En ce qui concerne les résidus des pesticides dans les denrées animales, les contrôles sont effectués par la Direction des Services Vétérinaire (DSV). Ces contrôles ont pour but de détecter la présence de pesticides dans les denrées animales ou d’origine animale et de vérifier leur conformité avec les limites maximales de résidus imposées.
Les premières valeurs limites provisoires du chlordécone dans les produits animaux ont été définies par l’arrêté du 5 octobre 2005
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Viande de volaille : 50 µg/kg ;
Autres denrées d’origine animale : 200 µg/kg.
La teneur est déterminée par rapport au poids de produit à l’état frais.
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Le niveau de protection des LMR en vigueur fait l’objet d’une actualisation. Cette dernière s’inscrit dans le contexte particulier d’établissement de « Limites maximales de résidu » Chlordécone au niveau européen. Ainsi, sur proposition des autorités françaises, la Commission Européenne a retenu le 24 octobre 2007 des valeurs de LMR inférieures à celles définies en 2005 :
 20 µg/kg pour les denrées cultivables sous climat tropical ou tempéré (agrumes, fruits tropicaux, tous les légumes, maïs, canne à sucre…)  10 µg/kg pour certains produits spécifiques aux régions de climat tempéré ou susceptibles d’être importés de pays autres que les Antilles (blé, riz, pommes, poires et fruits à noyaux, betterave sucrière…).
Quant aux denrées animales elles doivent respecter une valeur limite de 20 µg/kg de poids frais qu’elles soient d’origine terrestre ou aquatique.
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Autocontrôle des producteurs de légumes racine
Deux Arrêtés préfectoraux (Arrêté n° 1496-2003 du 20/10/2003 modifié par l’Arrêté n°2005-91 du 24/01/2005 pour la Guadeloupe
et l’Arrêté n° 030725 du 20 mars 2003 pour la Martinique
) mettent en place un autocontrôle pour les producteurs de légumes à risque (tableau) de Guadeloupe et de Martinique. Ainsi ces derniers doivent faire analyser leurs sols avant plantation. Si la teneur des sols en chlordécone est supérieure au seuil de détection, l’analyse finale de la production est obligatoire afin de vérifier le respect des LMR. Ces analyses sont réalisées par la Fédération Régionale de Défense contre les Organismes Nuisibles en Martinique et par la Chambre d’Agriculture en Guadeloupe.
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Productions agricoles soumises à analyse préventive des sols avant plantation
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Plantes à tubercules
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Igname, dachine, madère, malanga, manioc patate douce, toloman, chou caraïbe
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Plantes à rhizome
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Dictame, gingembre
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Légumes racines
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Carotte, navet
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Liliacées
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Cive, oignon, poireau
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Etudes RESO
Les études RESO, réalisées en Martinique et en Guadeloupe avaient pour objectif d’améliorer la connaissance des niveaux de contamination des aliments consommés spécifiquement par la population martiniquaise et guadeloupéenne. Lors de ces enquêtes des prélèvements ont été réalisés sur différentes denrées alimentaires en fonction de la contribution de ces denrées à l’exposition alimentaire, de leur fréquence de consommation et des habitudes d’approvisionnement de la population (circuit court, marché, épicerie, grande distribution). Ces études ont été pilotées par l’Afssa en partenariat avec la CIRE Antilles-Guyane et la DSDS de Guadeloupe.
Autres données
D’autre études ont permis d’obtenir des informations sur les résidus de pesticides organochlorés au niveau des aliments d’origine aquatique en milieu marin, en eau douces ou en bassin d’élevage (Ifremer –DSDS –DSV).
En savoir plus :
Teneur maximale en chlordécone que ne doivent pas dépasser certaines denrées d'origine animale pour être reconnues propres à la consommation humaine : arrêté du 5 octobre 2005 
Teneur maximale en chlordécone que ne doivent pas dépasser certaines denrées d'origine végétale pour être reconnues propres à la consommation humaine : arrêté du 10 octobre 2005 
Afssa : consulter le site 
DSDS Guadeloupe - DSDS Martinique 
Fredon Martinique : consulter le site 
Ifremer : consulter le site 